Interdiction de sortir !?


On avait oublié qu’on pouvait mourir comme ça.

On s’amuse à profit à modifier génétiquement la vie, on invente des robots capable de nous tuer, c’est beaucoup plus raffiné qu’une ogive nucléaire et un simple virus (pas totalement inconnu) peut en quelques mois modifier tout nos comportements.
Vous la vouliez votre gréve générale ? On voit bien comment ils réagissent tout ces bourgeois. Les prolos bossent toujours, les petits bourgeois sont en télétravail… les bourgeois sont partis à la campagne. C’est les opérateurs téléphonique qui nous l’ont dit. Eh oui… on n’a rien à cacher, et en cas de crise surtout, on ne pourra rien leur cacher.

Tu es enfermé·e dans un 35 m². Tu as le droit de sortir pour travailler. Tu peux risquer ta vie pour sauver la vie des autres. La rendre moins inconfortable. Tu n’as pas le choix, c’est ton métier ! Personne ne te vois. Tu n’es pas infirmièr·e, pas médecin ; c’est pas toi qu’on applaudi…
Toi tu n’es pas un héros et ceux qui soignent n’ont que faire de ce statut qui leur met la pression.

Tu es enfermé·e dans un 35 m², seul·e, pas de balcon, mais tu n’es pas enfermé·e avec un homme violent. Tu sais que tu ne mourras pas sous les coups d’un homme… le virus, il est pour tout le monde… C’est en plus toi qui devrait partir…

Tu es enfermé·e dans un 35 m², tu dois télé-travailler, tu n’as même pas de bureau. c’est ton corps qui se contorsionne pour trouver des positions moins inconfortable. Tu dors pas à la rue, ou dans un centre d’hébergement dans des conditions d’hygiènes qui pourraient te tuer… par la faim, par le froid, par la violence des interactions avec les autres, par l’alcool et l’oubli…

Tu es enfermé·e dans un 35 m², tu voulais avoir du temps libre, tu avais plein de projet pour ces moments là, mais rien ne vient, rien n’a de sens. Tu n’as pas 3 enfants à gérer, la logistique que cela demande, le devoir de confort de ceux que tu aimes. Faire les cours d’école, mais tu es largué·e, tu ne comprends pas les intitulés des cours. C’est normal, c’est une logique.

Tu es enfermé·e dans un 35 m² , Tu sors à travers ton écran, pas de brise, pas d’air frais, tu scrolles ton réseau social préféré… virtualisation des rapports, avec une sorte de distance matérialisée par l’impossibilité de se voir. Tout semble vaporeux, surréaliste. . j’interagis par articles partagés… ma créativité semble atrophiée et contenue dans un sceau de sable que l’on se passe, d’écran à écran. Je ne te vois pas sourire à mon humour, je ne te vois pas t’irriter de la violence de certains propos…

Après le déni, après la colère, après avoir compris qu’il fallait rester chez soi, la première vague a été une sorte d’euphorie sur fond de mal-être.
On a jamais vu ça à cette échelle. Partage de bien culturel et de divertissement à gogo.
A qui publiera sa petite contribution personnelle. Le temps va passer, un train train quotidien va s’installer. Des personnes vont mourir et d’autres vont trouver les moyens de profiter pleinement de la situation.
Tu peux offrir gratuitement des films, des livres, des jeux… je ne sortais pas avant d’être confiné·e, je n’avais pas l’argent pour ça. Les balades dans les rues enfumées de gaz d’échappement, on s’en passait. Le coin de verdure derrière chez toi, où toutes les personnes qui ont un chien viennent les faire déféquer et uriner… tu t’en passais aussi…

Quand la mort rôde, elle nous rappelle à la vie. Elle nous rappelle à notre peur de la mort.
À cette injonction d’être et de faire.
Moment de rupture, de changement.
Ne devrions nous pas juste nous poser et attendre ?
Attendre la mort en faisant le moins de chose possible !
Étirer le temps… On dit de celleux qui font une multitude de chose qu’ils ont eut plusieurs vies… moi j’aimerais déjà avoir la mienne.

Tu es enfermé·e dans 35m², tu es en colère, comme beaucoup d’autres personnes, parce que toute cette merde, tu ne l’as pas demandée. Tu ne voyages pas en avions, tu ne pars pas en vacances, tu n’achètes pas les merdes en plastique, tu n’as pas vraiment de fringue, pas de voiture… bilan carbone au plus bas… tu respires les gaz d’échappement quand tu vas au boulot à vélo, tu n’as pas d’économie, parce que tu n’as jamais eu de fric et que tu n’en auras jamais. Ton salaire est toujours en dessous de ce qu’il te faut pour manger et être propre…

Tu es enfermé·e dans 35 m² et tu te sens plus proche d’un immigré sans papier que du pleurnichard chef d’entreprise qui gueule sur sa secrétaire parce qu’elle a du prendre un jour « enfant malade ». Mais tu n’es ni un immigré sans papier, ni un patron. Le patron de toute façon, c’est pas de sa faute, il fait comme on lui dit de faire… ça l’arrange bien ce collabo de la domination !! Et c’est le premier qui va venir se plaindre auprès de l’État ! Oui ces mêmes personnes qui travaillent à démanteler les acquis sociaux ! Sales crevards !!

Tu es enfermé·e dans un 35 m², et tu n’as jamais vu les choses simplement. Tu es sympa, mais on n’a pas envie de t’avoir comme pote, tu te prends trop la tête, t’es pas assez divertissant.

Tu es enfermé·e dans un 35 m², interdiction de sortir… ça ne change pas vraiment ta vie… ça te met en colère finalement de prendre conscience que la pauvreté c’est aussi un confinement qui ne se voit pas vraiment.
Tu te fais vite exclure quand tu dis haut et fort que toi t’as pas les moyens de ceci ou de cela… ils aiment pas ça les bourgeois, parce qu’ils se sentent pas privilégié quand même !! Mais à force de niveler par le bas… le petit bourgeois se sert maintenant la ceinture… c’est tellement drôle à voir !
Confiné·e sur ton compte en banque, confiné·e dans ton boulot, confiné·e dans tes choix. Tu es libre de choisir tes chaînes, libre de choisir ta peine.
Avec un peu de temps, tu vas peut-être te rendre compte qu’on peut sortir de tout ça !! On va prendre conscience qu’il y a beaucoup de chose dont on n’a pas besoin… Tu peux faire la liste en commentaire…

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