Partage d’article: Salut camarade sexiste! Être un allié pour les femmes en 40 points. | Blogue du Collectif Emma Goldman

Intégrer le féminisme dans son engagement, un guide pour les mecs en 40 points.
Le féminisme ne divise pas la lutte. Les inégalités, discriminations et violences de genre composent et soutiennent un système injuste et c’est un devoir moral d’y mettre fin. Le personnel est politique : un système ne peut se maintenir sans agents et le sexisme est perpétué par des individus. Changer son comportement individuel perturbe le système et constitue un acte politique. Je n’explique pas le combat féministe à une femme, et je ne lui explique pas comment mener ce combat. C’est déplacé, et reproduit des mécanismes de domination paternalistes. (Voir point 2) Être un allié = soutenir, diffuser la parole des femmes – pas la couvrir en parlant à leur place. Être un allié ≠ critiquer la misogynie intériorisée des femmes. La misogynie intériorisée est l’un des outils les plus puissants du système patriarcal. Chaque femme doit déconstruire la haine de soi qui lui est inculquée depuis sa naissance. Quand bien même une femme aurait des opinions sexistes, elle subit le patriarcat et les hommes en profitent. Je fais attention à qui prend la parole et comment en réunion, je laisse la parole quand je sens que je la monopolise. Je fais attention à la parité dans les conférences, panels et instances de décision. Je ne “nuance” pas quand une femme me raconte une expérience de sexisme. Je ne fais pas dérailler la discussion. Je prends le problème au sérieux. Je n’ai aucun droit de regard sur le ressenti d’une femme sur une expérience sexiste. Je ne participe pas à des mécanismes de silenciation insidieux. Je soutiens les femmes victimes d’agressions sexuelles dans le milieu militant sans ambiguité. Je ne fais pas de victim-blaming. Rien ne justifie une agression sexuelle. Je m’édique sur la culture du viol, qui imprègne également les milieux militants. Je ne pose pas de questions intrusives, je m’éduque de mon côté. Je me remets en question. Je reconnais que ma perspective est biaisée du fait que je suis né homme et ai une expérience sociale d’homme.  Je ne fais pas l’avocat du diable, je ne fais pas dérailler les discussions sur le féminisme. Je suis à l’écoute. Être le meilleur allié du monde ne changera pas un système : je suis là pour agir sur les structures. Je ne suis pas dans la performance de l’allié, je ne cherche pas à récolter les bons points. J’utilise mon privilège d’homme pour soutenir et diffuser les voix des femmes auprès d’autres hommes. Je n’objectifie pas les femmes sexuellement. Les femmes ne sont pas à ma disposition. En manif je donne le mégaphone aux femmes.  Je ne m’approprie pas le travail des femmes. Les femmes ne sont pas à mon service. Je ne me décharge pas de travail sur elles. Le militantisme ne me donne aucun droit sur le travail des femmes. Je n’utilise pas le sexisme comme argument ou outil de campagne, même au “second degré”, car l’humour est une arme sociale qui renforce la culture patriarcale. Je fais ma part des tâches ménagères lors d’événements, occupations, etc. Je reconnais l’importance de féminiser les textes. Je ne me rêve pas le “leader” du mouvement. Je reconnais le pouvoir de l’intelligence collective, de l’empowerement collectif, la démocratie interne et la décision par consensus, pour construire des groupes forts sur le long terme. Je reconnais l’importance de ces discussions dans le milieu militant, et leur donne de mon temps et de l’espace. Je ne délégitime pas ces discussions. Je reconnais l’importance d’espaces non-mixtes pour que les femmes puissent échanger sans entraves ou gêne, ou se mobiliser par elles-mêmes et pour elles-mêmes. Je ne conditionne pas mon soutien au féminisme. (Voir point 1) Ce n’est pas à moi de décider si je suis un allié. Ce n’est pas à moi de déterminer si une (mon) organisation est (assez) féministe. Désapprendre la misogynie et le sexisme est un travail constant. Je ne centre pas la conversation sur mon ressenti. Je me décentre des conversations en général. Je ne fais pas mon gros dur pour dominer un groupe / une discussion. Je respecte les femmes inconditionnellement et je ne suis pas condescendant avec elles. Je n’humilie pas les femmes en public ou en privé. Je ne me sens pas menacé dans ma masculinité quand une femme n’est pas d’accord avec moi dans un groupe. Je ne fais pas de désaccords de fond une question d’égo. Je respecte les limites physiques et émotionnelles (boundaries) des femmes. Je ne milite pas pour pécho. Je n’utilise pas d’insultes sexistes.  Je veille à l’inclusivité dans les pratiques du militantisme (actions directes, comportements intimidants en manifestation…) Je ne dis pas “tu vois le sexisme partout” quand une femme relève un truc problématique. Je reconnais que relever ce genre de choses est difficile en soi, en particulier dans le milieu militant, et ne constitue en rien un plaisir. Je reconnais que le féminisme n’est pas “un truc pour meuf” mais une question qui me concerne directement. Les meufs ne s’oppriment pas toutes seules et déconstruire le patriarcat implique de déconstruire la masculinité. Je suis responsable de mon comportement et répond de mes actes. J’accepte que je puisse me tromper car désapprendre le sexisme est un travail de long terme, je reconnais mes erreurs.

Publié il y a 18th December 2015 par Collectif Emma Goldman Libellés: alliés Luttes féministes Patriarcat Systèmes d’oppression Théorie du privilège

Source: Partage d’article: Salut camarade sexiste! Être un allié pour les femmes en 40 points. | Blogue du Collectif Emma Goldman

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